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2006 Articles |
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Conus
regius
Martinique variations |
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M. Touitou David
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Dernière
MAJ : 15/02/06
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A.
Habitat, Rareté et répartition
Taille moyennes locales : 35 mm à 50 mm Conus regius, espèce de la zone caraïbe, est classée parmi les espèces communes à peu communes suivant les localités. Malgré cette fréquence, il n'est pas toujours facile de la récolter si l'on ne connait pas parfaitement son habitat. C. regius vit habituellement à des profondeurs comprises entre 0.5 et 30 mètres. Il peut s'enfouir complètement dans le sable, à l'abri ou non d'une roche ou d'un morceau de corail mort; mais en général il préfère se cacher, faiblement ensablé, à la base des gros rochers dans les zones d'ombres générées par ces derniers. C'est une espèce que l'on peut rencontrer en train de chasser de jour comme de nuit. Même
si j'ai pu trouver quelques spécimens morts (très abîmés
et de petite taille) du côté Atlantique, il semble B. Habitudes alimentaires Conus regius se nourrit principalement de vers marins comme le très commun Hermodice carunculata (actif le jour également) appelé localement "vers de feu" dont les soies sont extrêmement urticantes pour nous autres Homo sapiens... Bien que C. regius ait besoin de tuer sa proie (comme tous les cônes en général), il peut aussi dévorer un vers fraîchement harponné par un congénère. J'ai même pu observer dans mon aquarium, deux spécimens se partager le même vers (cf. photo). Par contre il ne semble absolument pas intéressé par les vers morts. On peut donc en conclure que C. regius ne se nourrit que de vers marins vivants.
C.
regius possède sûrement des récepteurs dans
son siphon très spécialisés et très sensibles.
En effet, dans mon aquarium, les C. regius au repos restent posés
sur le fond de l'aquarium, le siphon à peine visible.
Le
cône dévore sa proie par une des extrémités,
dans le sens de la longueur uniquement. Cela peut prendre jusqu'à
12h à un C. regius pour engloutir un vers assez long.
Le proboscis est très dilaté tout au long de la digestion
et il arrive que le cône semble se satisfaire de la quantité
ingérée et abandonne ainsi une partie de sa proie. Ce
reliquat
Je
n'ai jamais observé un cône en attaquer un autre. Par contre,
lors d'une "partie de chasse collective", après une
introduction massive de vers marins dans mon aquarium, un gros spécimen
de C. regius a étendu son proboscis en direction de son
voisin qui "semblait inquiété" par un tel manège,
son proboscis, ses antennes et ses yeux fixaient
D'après les informations que j'ai pu rassembler auprès de nombreux collectionneurs, et grace à mes différents voyages dans la zone caraïbe, il semble que ce soit à la Martinique que l'on rencontre le plus de variations chez cette espèce. Je pense que l'on peut distinguer cinq principales variations : -
la variation classique brune & blanche Bien évidemment, on trouve tous les intermédiaires possibles entre ces cinq groupes et parfois on obtient des dessins et des coloris magnifiques et originaux. Liste
des principales couleurs pouvant être présentes sur le
test : C.1 Une seule espèce à la Martinique confirmée Bien que les coquilles aient des aspects très différents, l'animal quant à lui, reste identique. Il est de couleur rouge piqueté de blanc et ce uniformément. Seul le proboscis est rouge pur sans tâches blanches. Ceci permet déjà de penser que nous sommes en présence d'une seule espèce. Pour confirmer ce que la majorité des malacologues pensaient, j'ai envoyé au chercheur Tom Dudda (qui travaillait alors au Panama, actuellement il travaille avec le Dr. Khon sur le deuxième tome du "Living Conidae") plusieurs échantillons représentant les différentes variations rencontrées à la Martinique (en plus d'autres espèces telle que Conus boui Da motta, 1988 variation rouge et variation jaune). Ses travaux basés sur une analyse poussée de l'ADN des spécimens lui avaient permis de conclure qu'il n'y avait pas de séparation entre C. regius et C. regius "citrinus" ou toute autre variation locale. Un éclaircissement bien salutaire pour nous... Mais selon Tom Dudda il semblerait qu'il y ait des populations génétiquement différentes d'une zone à l'autre de la caraïbe. C.2 Explication possible de cette énorme variation de couleur Mais alors comment cette espèce peut-elle varier autant ? Je vous propose ici une explication personnelle mais que je n'ai pu vérifier. Comme
expliqué plus haut, Conus regius se nourrit essentiellement
du vers marin Hermodice carunculata. Hors cette espèce
de vers marin peut à la Martinique revêtir trois couleurs
très différentes, on rencontre ainsi des spécimens
Cette théorie m'est venue à l'esprit après mon passage à la Martinique et je n'ai donc pas pu vérifier in situ la corrélation entre les variations de couleur des vers et les variations de couleur de C. regius, ni pu étudier le phénomène en aquarium. Il
serait bon, sur une période d'une ou plusieurs années,
de mettre des spécimens de C. regius "citrinus"
par exemple, en contact avec uniquement des vers des trois couleurs
dans trois aquariums séparés et d'étudier un éventuelle
variation dans la couleur et les motifs du test au cours du temps. On
pourrait alors se baser sur le fait que les pigments synthétisés
par les vers de feu ne sont pas éliminés, ni détruits
par C. regius lors de la digestion, et sont alors Si l'on accepte ce fait, il faudrait alors vérifier la couleur des vers qui correspond à la couleur du test de C. regius. Il ne faut pas associer sans étude, la couleur jaune-orangée propre à C. regius "citrinus" aux vers de couleur orange et marrons car les pigments issus des vers pourraient être transformés lors de la digestion et ainsi changer de couleur lors de leur fixation chez le cône. C.3 Les différentes variations C.3.a La variation classique et celles qui lui sont rattachées C'est la plus commune de toutes. Les couleurs dominantes sont le blanc, le marron ou le noir. On trouve en moyenne 50% de chacun des coloris, le blanc peut atteindre 75% du test et les plages sombres sont alors beaucoup moins importante.
Lorsque le blanc dépasse 75% de la totalité de la surface du test, on se retrouve alors avec la variation la plus rare :
Lorsque le blanc descend au-dessous de 25%, on a alors la très belle variation foncée :
Parfois
certains spécimens atypiques, peuvent porter des coloris en plus
du blanc et du marron-noir. On a ainsi des spécimens remarquablement
beaux avec des mélanges étonnants. D'autres peuvent devenir
roses.
On peut tout de même noter que la couleur rose et la couleur violette, sont souvent dominantes chez les specimens juvéniles et sub-adultes. Ces deux couleurs s'estompent rapidement malheureusement pour ne laisser qu'une teinte rosée discrète. C.3.b La variation jaune dite "citrinus" et celles qui lui sont rattachées On retrouve ici aussi un mélange complexe de variations. On a la forme typique jaune clair unie sans motifs qui, parfois peut avoir des traces blanches ou marron sous forme de lacunes ou plus fréquemment de lignes sombres . Parfois des taches sombres persistent.
On
peut déjà rattacher à cette forme claire, deux
autres variations plus rares :
On peut ensuite lui rattacher les spécimens dont la couleur n'est pas unie. On se trouve alors avec des tests possédant plusieurs couleurs comme le jaune, l'orange et le rose le tout donnant un aspect jaunâtre général.
En dernier on peut remarquer des "bâtards" qui sont mi-regius "citrinus" et mi-regius "classique" et forment le lien entre les deux grands groupes.
C.3.c Les inclassables Parfois,
on peut rencontrer une forme très rare, sûrement une des
plus belles à mon goût, que je ne peut classer dans l'une
ou l'autre des catégories. La spire est faiblement couronnée,
le test est légèrement granuleux et la couleur
D. Conclusion J'espère que ce petit tour d'horizon, vous aura permis d'apprécier cette espèce à sa juste valeur et surtout d'avoir une bonne vision d'ensemble de ses variations. Mais comme toujours, il est fort possible que d'autres variations puissent exister à la Martinqiue comme dans d'autres parties de la zone caraïbe. E. Remerciements Je
tiens ici à remercier les collectionneurs de la Martinique pour
leur accueil chaleureux durant mes 18 mois de séjour sur cette
île merveilleuse et plus particulièrement à M. Léo
Louis, M. Pierre Clovel et M. Mickaël Tosato. F. Ouverture du Musée du Coquillage à la Martinique J'en
profite également pour vous rappeler (ou vous apprendre) qu'il
existe dorénavant un vrai Musée du coquillage à
la Martinique ouvert assez récemment par le jeune et sympathique
Mickaël Tosato. Il présente au sein de l'hôtel familial
l'Ecrin Bleu les familles représentées à la Martinique
mais aussi du monde entier. Si vous passez par |
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